
Twitter a fait à nouveau l’actualité ce mercredi en France. En étant le vecteur d’informations de deux réunions dites à “huis-clos” ou “confidentielle”, Twitter a provoqué la polémique… polémique à nouveau montée en épingle par les journalistes. Car, encore une fois, le journaliste s’est retrouvé court-circuité dans son rôle d’intermédiaire entre “les élites” et la “populace”.
Dans le premier cas, c’est le député UMP Lionel Tardy qui a twitté les propos de l’audition d’Escalettes et Domenech devant les députés. Ce député de Haute-Savoie s’était déjà fait remarqué lors des débats sur Hadopi. Il avait été l’un des rares députés de la majorité à dénoncer le ridicule de cette loi. A raison. Ce huis-clos qui a été demandé par les intéressés est vraiment ridicule. Je veux bien admettre que dans des affaires sensibles ou relevant encore de la sécurité nationale, le huis-clos soit nécessaire. Mais dans le reste des cas, le huis-clos apparaît plus de confort que de nécessité.
L’autre cas est la réunion des parlementaires à l’Elysée qui s’est déroulée le même jour. Cette fois-ci, c’est le député, toujours UMP, Yves Favennec, qui a lâché des infos en direct de la réunion avec Sarkozy.
Tout le monde sait que ce genre de réunions ne reste jamais confidentiel très longtemps. Entre les parlementaires qui envoient des sms ou ceux qui veulent se faire bien voir par les journalistes en échange d’une info sympa, il y a une belle hypocrisie à s’offusquer d’un livetweet de l’événement.
Le seul changement notable qui a eu lieu pour ces deux événements est qu’auparavant, on utilisait un moyen de communication one-to-one (SMS, téléphone) et on privilégiait ainsi “une élite de l’information” tandis que désormais, on assiste à un one-to-many (Twitter, Facebook, blogs…) qui permet à l’acteur de l’événement de communiquer directement auprès d’une communauté sans passer par le mâchage journalistique.
Je ne dis pas que le journaliste est devenu inutile, il sera toujours nécessaire dans l’analyse de l’information. Cependant, en ce qui concerne le relais pur de l’info, la communication directe que permet Twitter est sans conteste un grand pas en avant pour une meilleure information.
Que certains journalistes évitent de nous faire la leçon sur les dangers de l’immédiateté car ce sont bien les premiers à foncer tête baissée sur une info avant même de chercher à la comprendre, les premiers à nous affliger des direct-live à tout va, des “exclusivités” qui deviennent si fréquentes qu’on en oublie le sens du mot, des Unes de presse qui deviennent caduques 24h après histoire de faire plus fort que le confrère…
Ces comportements ne concernent peut-être pas le “journalisme à l’ancienne“, pour reprendre le terme de Jean-Michel Apathie. Mais en lisant ce terme, on ne peut que se demander si la presse et l’information “analogique” ne serait pas aujourd’hui en crise seulement à cause de ce conservatisme revendiquée par les grandes plumes de nos médias ?
Enfin, et cela modérera mon propos, reconnaissons que les nouvelles technologies de l’information (et de la communication) (NTIC) n’ont pas encore permis la restauration de la confiance dans la politique et la mise en place d’une vraie transparence, seules capables de recréer un lien durable entre les électeurs et ses élus. Mais le problème vient cette fois, des utilisateurs des NTIC. Plus qu’une évolution des technologies, c’est d’une évolution des mentalités qu’on a besoin !
A lire sur le sujet :
Lionel Tardy qui défend sa démarche (et qui naturellement dispose d’un blog)
Twitter et “le journalisme à l’ancienne” | VinZ de Blog: Ce député de Haute-Savoie s’était déjà fait … http://bit.ly/9csXDS #Haute-Savoie
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