Vous connaissez cet éternel débat qui oppose journalistes et blogueurs ? Les uns fustigeant les autres, blogueurs amateurs, journalistes jaloux des largesses faites aux blogueurs, etc. Dans les points de divergence qu’on aime fournir pour discréditer l’action des blogueurs , il y a le recoupement des informations que font les journalistes… en théorie !
Oui en théorie car aujourd’hui, je lis un article intéressant sur un fait qui s’est déroulé en Angleterre. Je vous raconte : un étudiant du nom de Shane Fitzgerald travaillant sur un sujet portant sur la mondialisation voulait démontrer la dépendance des journalistes vis-à-vis des informations circulant sur internet. Un soir, il apprend à la tv le décès de Maurice Jarre. Ni une ni deux, le jeune effronté corrige la page wikipedia du compositeur en y ajoutant une déclaration soit-disant prêté à l’auteur : “On pourrait dire que ma vie elle-même a été une musique de film. La musique était ma vie, la musique m’a donné la vie, et la musique est ce pourquoi je vais rester dans les mémoires longtemps après que je quitterai cette vie. Quand je mourrai, il y aura une dernière valse jouant dans ma tête, que je pourrai seul entendre”.
Rien de méchant, l’étudiant ne voulant pas porter atteinte à l’image de la personne défunte. Les modérateurs du site communautaire ne pouvant pas recouper cette information la supprime. Shane Fitzgerald la republie. Au bout de la 3e tentative, les modérateurs passent à côté et la citation restent en ligne durant plus d’une journée. Que se passa-t-il ? Eh bien plusieurs journalistes, certainement à court d’infos pour leur nécrologie se sont engouffrés dans le piège et ont repris la fausse citation. Du coup, le lendemain, vous avez pu la lire dans The Guardian, The London Independent, BBC Music Magazine ou encore le Daily Mail.
Affligeant, n’est-ce-pas ? Le pire est que même après que la citation fut retiré à nouveau de wikipedia, il aura fallu que Shane prévienne lui-même les journaux de leur erreur. Certains l’ont retiré en toute discrêtion, d’autres ont publié un erratum (voir en bas d’article), mais vous pouvez encore la trouver dans certains médias.
Tout ça montre bien que l’argument du prétendu professionnalisme des journalistes ne tient pas la route, tout comme d’ailleurs celui du total amateurisme des blogueurs. Je ne dis pas que les journalistes ne recoupent pas traditionnellement leurs infos, je dis juste que tout n’est pas blanc et noir. Néanmoins, cette expérience montre bien le risque que prend la presse écrite à publier des infos qu’elle ne vérifie pas. Si maintenant, même la presse ne fait pas son travail, ou irons-nous ? Sur des blogs ?
Sinon, le sujet de ce billet est recoupé ici ou là, sait-on jamais !

Je suis d’accord. Surtout depuis que mon éditeur m’a envoyé le compte-rendu d’une conférence visant à apprendre aux journalistes le référencement de manière à mieux mettre en valeur les sites d’information.
Il faut abuser des mots-clefs, qu’il disent ! Pour le professionnalisme de la profession, l’on repassera.
D’autre part, le problème des sources en dévoile un autre. Un journaliste a une contrainte de type numérique (caractères) et une limite de temps à respecter. Parfois, des articles à pondre VITE avant le bouclage parce que la journaliste musique est en congé maternité et que le préposé aux brèves n’a pas décuvé de sa cuite. J’ai déjà eu trois heures pour écrire un article et quatre brèves, par exemple, en tant que… stagiaire.
Les journalistes sont des êtres humains, et ils sous-estiment la gravité de certains sujets. Là, c’est musical, et ce n’est pas primordial. Le rédacteur en chef ne va pas vérifier les sources : il s’en fout. Si c’était politique, ç’aurait une autre histoire.